20è siècle

"Je n'évolue pas, je suis. Il n'y a, en art, ni passé, ni futur. L'art qui n'est pas dans le présent ne sera jamais." (Pablo Picasso)

Que de présents alors tout au long du 20ème siècle..!

Les principaux mouvements contemporains esthétiques apparaissent au 20ème siècle. Ils s’inscrivent notamment dans le contexte des préoccupations sur la langue (question centrale de la philosophie du XXe siècle) en lien avec l’émergence de nouvelles sciences (linguistique, neurosciences).

Heidegger définit l’esthétique comme «la science du comportement sensible et émotionnel de l’homme et ce qui le détermine». Après 1933, dans les conférences sur «L’origine de l’œuvre», ses études sur la poésie de Hölderlin et la peinture de Van Gogh, Heidegger abordé la question de l’art. Il déplace toute la question ontologique (“Qu’est-ce que c’est?”) Sur les arts. Dans son approche phénoménologique, il désigne l’œuvre d’art comme une mise en œuvre d’un dévoilement (alètheia) de l’Être. Opposé au courant objectiviste (qui établit la vérité par rapport à l’idée de réalité), Heidegger définit l’art comme le moyen privilégié d’une «mise en pratique de la vérité» par l’esprit:

Cette approche est ensuite développée par des philosophes comme Jean-Paul Sartre, Maurice Merleau-Ponty, Mikel Dufrenne et Jean-François Lyotard.

Pour Theodor W. Adorno (1903-1969), notamment dans sa Théorie esthétique (1970), l’art reste un espace de liberté, de contestation et de créativité dans un monde technocratique. L’art a un rôle critique vis-à-vis de la société et reste un lieu d’utopie, tant qu’il rejette son propre passé (conservatisme, dogmatisme, sérialisme). Adorno s’opposera également aux installations de culture de masse (industrie culturelle), condamnant le passage jazz.

Apparue dans les années 1950, l’esthétique analytique est le courant de pensée dominant dans le monde anglo-saxon. Issu de l ’empirisme et du pragmatisme, cette esthétique repose sur une recherche par des instruments logico – philosophiques et des analyses du langage, dans le prolongement de la philosophie analytique. Cette esthétique est constituée par un ensemble de théories homogènes, essentiellement liées à l’analyse des questions et des définitions de l’art. Ces théories s’affirment indépendantes de l’esthétique “traditionnelle”, tant par la restriction de ses objets (sont exclues: la question du beau, l’histoire de l’esthétique) que par la spécificité analytique de ses méthodes de recherche (se référant à la logique et non spéculatif). L’approche métaphysique suit cette tendance, notamment sur la «vérité des formes».

Dans la continuité de l’histoire culturelle du 19ème, l’histoire sociale de l’art étudie les forces collectives travaillant dans l’art. Opposant l’idéalisme philosophique, cette sociologie est d’abord influencée par la pensée marxiste (matérialisme historique); il met surtout en évidence le contexte socio-économique 40 et cherche à lier l’évolution artistique aux luttes et aux classes sociales. Opposition au déterminisme marxiste, différentes approches de l’étude des contextes sociaux de l’art, plus attentives à l’internalisme du «monde de l’art»: étude de l’inscription contextuelle des œuvres dans le milieu culturel, notamment à travers l’histoire culturelle et l’anthropologie de l’art -Strauss, Boas); une étude sociologique de l’habitus de l’art (Bourdieu); une sociologie de l’action et des interactions contextuelles (Becker).

Ces nouvelles approches de l’art sont confrontées par exemple par l’idée commune d’une œuvre, née d’une inspiration «libre» de l’artiste, ou d’une logique esthétique intrinsèque à l’art et indépendante de l’environnement social. De même, sociale les mécanismes de réception des œuvres (distinction, codes …) sont révélés. Néanmoins, ces sciences sociales échappent à l’étude des œuvres elles-mêmes, conférant peut-être un réductionnisme «social» à l’art; C’est la raison pour laquelle de nouvelles approches ne concernent pas seulement l’environnement, mais la pratique, voir le travail lui-même.

La psychologie de l’art, quant à elle, vise l’étude des états de conscience et des phénomènes inconscients à l’œuvre dans la création artistique ou la réception de l’œuvre. L’analyse de la création artistique reprend l’idée d’une primauté de l’artiste lui-même dans l’interprétation de l’art; idée développée depuis la Renaissance et le romantisme, et déjà inclus dans les approches biographiques de certains historiens de l’art du 19ème (voir Kunstwissenschaft). À partir de 1905, avec la rédaction de la théorie des pulsions par Freud, l’art devient un objet de psychanalyse. Cette approche ne vise pas à évaluer la valeur du travail, mais à expliquer les processus psychiques intrinsèques à son développement.