17ème siècle & oeuvres antérieures

"Rien n'est beau que le vrai, le vrai seul est aimable" (Nicolas Boileau)

Dans la Grèce antique, la question de la beauté est une question centrale, mais elle n’est pas nécessairement liée à la question de l’art. C’est à la fois une question qui touche à la morale et à la politique à Platon. La période phare de l’esthétique s’étend principalement aux Ve et IVe siècles av. J.-C., à l’époque de la démocratie des cités grecques, bien que des notions et des désignations esthétiques aient été énoncées dans les temps anciens:

Homère (fin du VIIIe siècle) parle notamment de «beauté», «harmonie», etc., mais sans théorie des ensembles. Par le travail artistique, il comprenait la production du travail manuel, à travers lequel une divinité agissait. Héraclite d’Éphèse explique le beau comme la qualité matérielle du vrai. L’art serait alors la manifestation d’un accord contré par une imitation de la nature. Démocrite voit la nature de la beauté dans l’ordre sensible de la symétrie et de l’harmonie des parties, vers un tout. Dans les représentations cosmologiques et esthétiques des pythagoriciens, les principes numériques et proportionnels jouent un grand rôle pour l’Harmonie et la Beauté.

Pour Socrate, la beauté et le bien sont mélangés. L’art représentatif consiste principalement à représenter une belle personne de corps et d’esprit. Platon ne conçoit pas le beau comme quelque chose de seulement sensible, mais comme une idée: la beauté a un caractère anormal, c’est quelque chose d’intelligible, qui s’adresse à la pensée. Il appartient à une sphère supérieure à celle des sens et de l’intellect. Les choses ne sont que des reflets d’idées, et l’art ne fait que copier ces réflexions. Et il évalue particulièrement négativement l’art, comme une copie infidèle, puisque imparfaitement fait par l’homme. Cependant, il différencie deux techniques d’imitation: “copie” (eikastikè) comme la peinture ou la poésie, et “illusion” (phantastikè) tels que les œuvres architecturales monumentales. Si Platon est favorable au beau, il reste hostile à l’art et particulièrement à la poésie et à la peinture. Son travail reste néanmoins la première codification idéologique et politique de l’art.

Aristote ne traitait ni la beauté ni l’art en général. Sa poétique est un fragment sur l’art dramatique et ne comprend que les règles de la tragédie. Son point de vue est plus expérimental que théorique. Il infère les règles des chefs-d’œuvre du théâtre grec. Il développe néanmoins une théorie générale de l’imitation qui peut s’appliquer à différents arts: «L’épopée, la poésie tragique, la comédie, la poésie dithyrambique, le jeu de la flûte, le jeu de la cithare, sont, en général, des imitations» (chapitre 1). Pour Aristote, les arts sont différenciés par les objets qu’ils imitent et par les moyens artistiques utilisés pour réaliser cette imitation. L’art imite la nature ou complète les choses que la nature est incapable d’accomplir. La pensée d’Aristote devient ainsi la base de «théories de l’art» plus tard (au sens moderne), à ​​travers sa dialectique de la connaissance et son évaluation du rôle de la nature et de l’apparence dans la beauté artistique. Il met en place les concepts d’imitation (mimesis introduite par Platon), d’émotion, de spectateur (katharsis), de figures de style ou de rôle de l’œuvre d’art. Ces théories seront portées à l’esthétique classique par Boileau (17ème siècle).

(...)

Mais surtout, l'art antique, médiéval, de la Renaissance n'est-il pas avant tout un art de l'épure, par rapport à celui des siècles suivants?

C'est cette épure, et ces siècles passés, millénaires même, que l'on retrouve et ressent en contemplant notamment ces 3 magnifiques Mingqi: sculptures funéraires datant des dynasties Tang et Han, elles sont passées par le marché de New York dans les années 1970 avant d'orner désormais les espaces de la galerie, dans l'attente d'un nouveau lieu où vibrer pleinement.

Exceptionnelles de par leur taille (ce sont les 3 plus grandes actuellement disponibles sur le marché européen, le cheval Tang de 71 cm de haut étant le plus grand disponible à la vente en Europe depuis 10 ans..), elles ont également conservé leurs pigments d'origine.

Des chefs d'oeuvres de l'art asiatique ancestral, à ressentir profondément et admirer passionnément..